Culture à l’Hôpital

De décembre 2006 à juin 2009, j’ai animé trois ateliers d’écriture/illustration dans les services de Psychiatrie Infanto Juvénile (PIJ) de l’Hôpital de Rouffach.

De décembre 2006 à juin 2009, j’ai animé trois ateliers d’écriture/illustration dans les services de Psychiatrie Infanto Juvénile (PIJ) de l’Hôpital de Rouffach, le premier à Mulhouse, le second à Rouffach et le troisième à Cernay.

Au cours de ces séances, on m’a demandé d’être à la fois artiste et pédagogue. J’ai dû adapter mon langage d’artiste et de technicien à la compréhension des enfants et du personnel soignant. Ne sachant pas à quel type de sensibilités j’aurai à faire, j’ai décidé de concevoir mon travail avec ces enfants comme avec n’importe quel enfant, les considérant capables de comprendre mes objectifs : en tant qu’auteur-illustrateur, ma préoccupation principale est la fabrication d’images narratives répondant à une commande précise. Dans ce cas, la commande était de destigmatiser la pathologie mentale et de donner aux enfants les possibilités de s’exprimer dans leurs singularités et d’être entendus.
J’ai donc proposé la réalisation par les enfants d’un poster à partir d’un plateau de jeu et d’éléments qu’ils fabriqueraient. Ce poster devait surprendre et charmer le public dans sa construction et la richesse de ses détails, lui prouvant par sa qualité qu’avec du temps, des moyens et un encadrement adapté, l’enfant pouvait donner une autre image de son handicap. Ainsi, grâce au choix d’un grand format qui lui redonnait confiance et à celui de la technique de photo-montage par ordinateur, plutôt que de se retrancher derrière sa maladie, l’enfant a été amené à en parler malgré lui dans une image séduisante, résultat d’exercices attrayants (coloriages, modelage, pliages, collages, frises…). Il a pu élaborer une histoire sophistiquée, créer des personnages et des situations, trouver le ton juste pour sa narration, opérer des choix plastiques.
Les thèmes du chantier de construction d’une maison ou celui de la vie autour d’un château fort au Moyen Âge ou encore des pirates me semblaient être assez fédérateurs. La suite m’a permis de le vérifier.

Dans le cas du chantier de Mulhouse, la symbolique était d’autant plus forte que les enfants participant à cette animation étaient eux-mêmes en construction. Durant 6 mois, sur un plateau de jeu autour duquel ils pouvaient se situer et grâce à de petites figurines auxquelles ils s’identifiaient, ils ont littéralement construit leur maison, brique après brique d’après un plan précis, posé les fenêtres et le toit, peint leur portion de crépi.  Ils ont également joué à simuler les actions des engins construits pour l’occasion en carton et en bois :  une grue, un bulldozer, un camion-benne, une bétonnière, un rouleau compresseur, une pelleteuse.  Puis, les ouvriers sont devenus les habitants de la maison et l’aventure s’est terminée par une joyeuse partie de boules de neige qui réglait de vieilles petites querelles, portant la symbolique à son terme.



Poster réalisé (format original 50X70cm) cliquez sur l’image pour l’agrandir

A Rouffach, le plateau de jeu représentait un décor de château-fort du Moyen Âge, dans  lequel évoluaient divers personnages, tels que le roi et la reine, des gardes, des hérauts, des soldats. Certains piquent une tête dans l’eau des douves, des archers décochent des flèches sur un féroce dragon volant, d’autres encore s’activent autour d’une vraie catapulte tandis que des chevaliers en armure, montés sur de fiers palefrois, se mesurent en tournoi dans la lice.
Ces scènes de tournoi offrirent aux enfants la possibilité de s’identifier aux chevaliers et de défendre leurs armoiries, chacun se mettant en scène par rapport à son adversaire. Sur la route qui mène à l’entrée principale de l’édifice, un marchand conduit sa carriole tirée par un cheval.


L’année suivante, l’expérience  s’est poursuivie au Centre psychothérapique de Cernay autour d’un troisième plateau de jeu sur le thème des pirates.

1 Commentaires

  1. Emiliesays:

    Projet très intéressant et mobilisateur qui ne pouvait que se concrétiser de manière positive auprès de ces enfants. Bravo pour ton travail !
    Emilie

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